Maternité
et contrat de travail
La
loi garantit aux femmes salariées
une protection en cas de maternité
ou d'adoption; cette protection peut,
dans certains cas, s'étendre aux
pères.
D'autre
part, une réglementation spécifique
protège les salariées enceintes
contre le risque de mesures discriminatoires.
Vos 1ères démarches
Vous
venez d'apprendre que vous êtes
enceinte : votre état de grossesse
vous donne droit à une protection
légale particulière.
Cependant,
si vous souhaitez bénéficier
de cette protection, vous devez accomplir
un certain nombre de démarches
:
- remettre
à votre employeur contre récépissé
ou adresser, par lettre recommandée
AR, un certificat médical attestant
votre état de grossesse et contenant
la date présumée de votre
accouchement. Aucun délai n'est
fixé pour l'envoi de ce document.
- La jurisprudence
de la Chambre sociale de la Cour de
cassation a considérablement
assoupli cette formalité en lui
attribuant un caractère substantiel;
en effet, la salariée est protégée
dès que son employeur a pris
connaissance, de quelque manière
que ce soit, de son état de grossesse
(CASS.SOC, 3JUIN 1997).
Evitez de prendre
au mot l'élargissement de la protection
accordée par la jurisprudence.
Respectez la formalité exigée
par la loi en évitant, si possible,
de le faire tardivement.
En effet, si un contentieux devait avoir
lieu, vous auriez alors toutes les chances
de votre côté.
La loi a posé
un certain nombre de principes que tout
employeur
est tenu
de respecter.
LES OBLIGATIONS
DE L'EMPLOYEUR
1
- UNE INTERDICTION TOTALE D'EMPLOI PENDANT
UNE CERTAINE DUREE
article L.124-1
du Code du travail
Il
est interdit à l'employeur de faire
travailler les femmes pendant une période
de 8 semaines avant et après leur
accouchement et, en aucun cas, pendant
les 6 semaines qui suivent l'accouchement.
La période,
dont il est question ci-dessus, est située
à l'intérieur du congé
maternité.
Ce principe a été
énoncé pour protéger
la salariée qui renoncerait à
tout ou partie de son congé maternité.
En conséquence,
même en cas de renoncement, la salariée
ne peut travailler pendant cette période.
2- UNE PROHIBITION
DES MESURES DISCRIMINATOIRES
article L.122-25
et suivants du Code du travail
L'état
de grossesse d'une femme ne doit pas être
pris en considération pour refuser
de l'embaucher, résilier son contrat
de travail au cours d'une période
d'essai ou pour une mutation d'emploi.
En effet, lors d'une
embauche, la candidate enceinte n'est
pas tenue de révéler son
état.
D'autre
part, la salariée dont la période
d'essai est rompue en raison de son état
de grossesse est en droit de demander
des dommages-intérêts.
Enfin,
il existe une exception à l'interdiction
de mutation : la salariée peut,
avant son départ en congé
de maternité, être affectée
à un autre emploi, à sa
demande ou à celle de son employeur.
Cependant, cette dérogation n'est
possible que si cette dernière
est nécessitée par des raisons
médicales reconnues par le médecin
de travail. Cette mutation ne doit avoir
aucune incidence sur la rémunération
de la salariée et cette dernière
est en droit de la refuser (le licenciement
d'une salariée en raison de son
refus d'accepter la mutation est nul en
l'absence de faute grave).
3 - UNE INTERDICTION
DE LICENCIER
article L.122-25-2
du Code du travail
La loi interdit de
licencier les femmes enceintes ou bénéficiaires
du congé de maternité.
En effet, il est interdit
de résilier un contrat de travail
pendant :
- la période
d'état de grossesse (laquelle
doit être médicalement
constatée) jusqu'à la
date de suspension du contrat de travail
- la période
de suspension du contrat de travail
pendant laquelle l'employeur ne faire
travailler la salariée
- 4 semaines suivant
l'expiration de la période de
suspension
Un licenciement qui
a lieu au cours des différentes
périodes qui viennent d'être
énoncées est nul.
Cependant, cette interdiction
de principe connaît des exceptions
:
- elle ne s'applique
pas pendant la période d'essai
(sous réserve de l'interdiction
des mesures discriminatoires -2-)
- elle ne fait pas
obstacle à l'échéance
d'un contrat à durée déterminée
que l'employeur n'est pas tenu de renouveler
- l'employeur peut
licencier la salariée s'il justifie
d'une faute grave, laquelle doit être
totalement étrangère à
l'état de grossesse (articles
L.122-25-2 et 122-27 du code du travail)
4 - DROIT A UN CONGE
DE MATERNITE OU D'ADOPTION
Le
contrat de travail peut être suspendu
pendant une certaine période en
cas de maternité ou d'adoption.
La salariée peut renoncer à
ce droit ou l'abréger.
Si
vous souhaitez bénéficier
de ce congé, vous devez avertir
votre employeur du motif de votre absence
et de la date de la reprise de votre travail,
par lettre recommandée AR.
Aucun délai
n'est fixé par la loi.
La
durée du congé varie en
fonction du nombre d'enfant. Elle est
de 6 semaines avant la naissance et de
10 semaines après (soit au total
16 semaines). Mais dans de nombreux cas,
cette durée peut être prolongée
ou réduite pour certaines professions
(professions libérales, par exemple).
Pendant le congé
de maternité le contrat de travail
est suspendu, ce qui entraîne les
effets suivants :
- ouverture du droit
aux indemnités journalières
de sécurité sociale
- l'employeur n'est
pas tenu de maintenir la totalité
ou partie du salaire pendant le congé.
Cependant, de nombreuses conventions
collectives prévoient le contraire.
Soyez vigilantes,
demandez votre convention collective au
Journal Officiel, 26 rue Desaix
75015 PARIS - Tél : 01 40 58 79
79 - Passer vos commandes par fax : 01
45 79 17 84 ou par le web )
PROCEDURES
A SUIVRE EN CAS DE NON-RESPECT DES PRINCIPES
EXPOSES CI-DESSUS :
Votre employeur n'a
pas respecté les principes de protection
énoncés par la loi.
Dans
ce cas, vous pouvez ouvrir, à son
encontre, une procédure judiciaire
devant le Conseil des prud'homme du ressort
dans lequel se situe votre entreprise.
Faire
appel aux services d'un avocat n'est pas
nécessaire, vous pouvez vous-même
faire entendre votre cause. (Demandez
au secrétariat greffe la liste
des personnes autorisées à
vous représenter).
Vous saisissez ledit
Conseil au moyen d'un formulaire remis
par le greffe.
L'inobservation
des règles édictées
par le Code du travail donne lieu à
l'attribution de dommages-intérêts
.
Si
votre employeur vous a licencié
(-3-), le licenciement est nul et l'employeur
est tenu de vous verser le montant du
salaire que vous auriez dû percevoir
durant la période couverte par
la nullité. En revanche, il ne
peut être tenu de vous réintégrer
dans l'entreprise.
La
question de nullité du licenciement
est de la compétence du juge des
référés (lequel est
compétent pour prononcer une décision
d'urgence).
Saisissez le Conseil
des prud'hommes et assignez votre employeur
le plus rapidement possible: dès
le moment où vous constatez un
quelconque abus de sa part.
N'hésitez pas de vous déplacer
au Conseil où le secrétariat
vous recommandera les démarches
à suivre pour lancer une procédure.
(attention, le secrétariat n'est
pas autorisé à vous donner
des conseils d'ordre juridique)
Ne faites appel à un avocat que
si les frais engagés par la procédure
ne sont pas disproportionnés par
rapport à ce que vous pouvez espérer
obtenir !
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