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Les états d’âme d’une jeune maman 

Sans une seule hésitation, je suis entièrement pour la présence des pères lors de l'accouchement.

Finie l'époque de la mise à l'écart des pères lors de l'accouchement, où ces derniers attendaient sagement et impatiemment derrière la porte que la sage- femme leur présente leur enfant.

Progressivement, ils sont devenus des papas hyper présents ; bref, des supers papas !

Mon expérience est particulière puisque mon médecin avait décidé que mon accouchement serait programmé à une certaine date.

Le jour J arrivé, j'ai demandé à mon mari de rester au bureau jusqu'à ce que l'on me prévienne que l'accouchement était imminent.

Me voilà donc partie pour la maternité, ma petite valise à la main. On me fait monter illico presto en salle de travail, comme si l'équipe médicale n'avait pas de temps à perdre. De petites angoisses commencent à faire leur apparition.

Une sage femme m'accueille froidement. Cette dernière me demande sèchement de me déshabiller. Quelle entrée en matière : moi qui croyait qu'on allait me chouchouter, me réconforter, m'encourager ! ! J'obéis sagement aux différentes instructions et m'installe sur un matelas bien dur, téléphone portable à la main.

J'appelle mes parents, mon mari pour trouver quelques mots apaisants j'attends.J'attends ! Voilà presque d'une heure que je suis allongée à moitié nue sans que personne ne rentre dans la pièce. J'examine avec attention tous les contours de la pièce et les instruments mis à la disposition de l'équipe médicale.

La sage femme (toujours aussi " souriante ") refait son apparition accompagnée d'une jeune stagiaire.

La première demande à la seconde de me poser la perf afin de déclencher les premières contractions. La petite stagiaire qui a l'air aussi rusée qu'un mammouth lui répond qu'elle n'a jamais fait ça de sa vie ! ! ! Toutes les peurs que j'avais casées, la veille au soir, quelqu'un part dans mon inconscient pour me donner du courage ressurgissent.

Je n'ose même pas regarder la stagiaire poser la pref et, l'entend tout à coup s'écrier : " Oh, merde, j'ai bousillé la veine ". Ca commence à faire beaucoup pour mes petits nerfs fragiles. Je n'ose rien dire de peur de perdre mon sang froid et de faire un scandale. Merde, à 3050 € l'accouchement dans une clinique de grand luxe, on aurait quand même pu éviter de m'envoyer une stagiaire. J'attends que la sage femme et son acolyte sortent de la pièce pour bondir sur mon portable afin de supplier mon mari de venir me rejoindre le plus vite possible. Au son de sa voix, j'éclate en sanglots lui racontant que je suis tombée sur une bande de fous prêts à me martyriser. A peine depuis une heure en salle de travail et je le supplie de venir de rejoindre, ce qu'il accepte de bon cour.

Après 15 minutes qui me semblèrent interminables le voilà auprès de moi. La sage femme fait son retour dans la salle en ne prenant même pas la peine de saluer le nouveau venu. Je suis totalement rassurée, mon sauveur est arrivé, et je n'ai plus à craindre que l'on commette le moindre écart. Nous voilà seuls dans cette salle lugubre.

C'est à ce moment très précis que je réalise à quel point je l'aime, et me demande comment j'ai pu faire par le passé pour vivre sans lui.

Toutes les heures, la sage femme refait son apparition pour mesurer l'ouverture de mon col. Là, depuis 9 heures du matin, mon mari commence à s'ennuyer ferme lorsqu'à 15 heures on nous annonce que je ne suis dilatée que de 5 ! Notre seule distraction est le bruit du monitoring qui nous permet de mesurer l'intensité des contractions et de surveiller le rythme cardiaque du bébé. Une fois la poche des eaux rompue, tout s'accélère. A 18 heures 30, je suis enfin dilatée de 10 centimètres. Mon mari se lève de son installation de fortune, et se tient à mes côtés en me serrant la main. Dans nos regards, qui n'ont jamais été aussi intenses auparavant, se crée tout un dialogue secret.

Tout s'agite autour de nous. Dans la confusion je vois le gynéco s'approcher en disant " on va utiliser les forceps ". A la seule vue des instruments, je crois défaillir mais mon zorro a compris ma détresse et, sa main dans la mienne se fait plus ferme comme pour me dire " ne t'en fait pas, je suis là, ils ne te feront aucun mal. ".

A 19 heures 07, ma fille décide enfin de pointer le bout de son nez. Après quelques secondes sur mon ventre, on l'enlève pour lui faire les premiers soins. Heureuse, je regarde avec bouleversement mon mari dont l'attention est désormais entièrement consacrée à sa fille. Il est seul au monde avec elle et la tient comme s'il la connaissait depuis toujours. Je n'occupe plus la seule place dans son cour. L'autre grand amour de sa vie vient de naître et, devant le tableau qu'ils offrent à mes yeux, des larmes de bonheur se mettent à couler sur mes joues.

En conclusion, je peux vous assurer que sans la présence masculine de mon mari, j'aurais vécu cet accouchement comme un véritable calvaire.

Je profite de cet article pour souhaiter une bonne fête à tous les papas, ces derniers méritent vraiment qu'une fête leur soit consacré. Aujourd'hui, l'appellation " papa " a pris tout son sens !

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