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| 30/01/01 |
La page santé |
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(C.
T.) () |
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La grossesse, joies et
tracas Nouveau volet de notre série mensuelle
consacrée à la maternité. Après les petits tracas de la
grossesse, les conseils en matière d'alimentation, les
futurs papas, Laure Watrin s'intéresse cette fois-ci aux
sources d'information pour les jeunes mamans : Internet,
la presse magazine, les conseils d'amis, bref tout ce
qu'il faut savoir.
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Quelques liens
Internet
Un site sur le droit et la
grossesse
Un site pratique : monbebe.com
1 - Les petits tracas de la
grossesse
Même si chaque grossesse est
unique, peu de femmes échappent aux petits désagréments du
premier trimestre. Comme je vais bientôt entamer le quatrième
mois de grossesse, il ne me reste plus que quelques jours pour
vous en parler. Je vous laisse méditer cette phrase, relevée
au gré de mes nombreuses lectures : "Les adaptations
physiologique au cours de la grossesse font souvent dire que
la femme enceinte est une "autre espèce" d'être humain". En
clair, nous ne sommes pas des mutantes, mais presque...
Première manifestation, très rapide : la fatigue. Un bébé,
ça ne s'installe pas sans le faire savoir. Résultat : les
trois premiers mois, on hiberne. Pas la peine d'essayer de
lutter contre les envies de dormir, totalement incontrôlables,
qui nous font bailler en pleine conversation, ressembler à un
zombie au boulot, et piquer du nez devant la télé dès 20
heures. C'est assez déstabilisant, mais c'est normal rappelle
le Pr Jean-François Oury, gynécologue-accoucheur à Paris
:
"Il faut que l'organisme s'adapte à la grossesse,
c'est à dire que très rapidement les grosses modifications au
niveau du débit cardiaque, de la fréquence cardiaque, il y a
beaucoup de facteur qui entre en ligne de compte. La
progestérone fait dormir, mais c'est surtout l'organisme qui a
besoin de s'adapter. Et c'est vrai qu'il faut peut être se
coucher plus tôt, se lever plus tard, organiser un petit peu
son travail et sa vie”. La fatigue est loin d'être le
seul effet secondaire de la grossesse. On pense évidemment aux
fameuses nausées... Et je peux vous dire, en toute
connaissance de cause, que ça n'est pas un mythe. Les nausées
touchent une femme enceinte sur deux. Du jour au lendemain,
vous ne supportez plus un parfum, un aliment. Et même des
odeurs a priori tout à fait anodines comme celles de votre
lessive ou même de votre maison. "Et il faut vivre avec
parce qu'elles partent vers quatorze semaines et avant elles
peuvent être très gênantes. Alors il faut fractionner les
repas, c'est-à-dire moins manger aux repas, et essayer de
fractionner un petit peu dans la journée avec des petites
collations. Il faut éviter le sucre, mais c'est vrai que c'est
pas très facile à gérer". Petits trucs supplémentaires
: ne vous levez pas trop vite le matin. Et si vos nausées sont
trop violentes, n'hésitez pas à demander un médicament à votre
médecin. Attention, pas d'automédication.
- Et les
envies ? Ca n'est pas non plus un mythe. Elles peuvent même
être assez déroutantes pour votre entourage. A quoi sont-elles
dues ? Alors là, le Pr Oury le reconnaît, la science sèche
! "Ca je ne sais pas du tout. Mais alors pas du tout.
C'est vrai qu'il y a des femmes enceintes qui ne mangent
jamais de sucre qui se mettent à manger du sucre de façon
folle. D'autres qui mangeaient du sucre et ne peuvent plus le
voir, et n'aiment plus que le salé. L'organisme rejette
certains aliments et devient très friand d'autres. Mais je ne
sais pas pourquoi”.
Autre bizarrerie en effet : nos
goûts changent. En ce moment, par exemple, je ne peux pas être
plus comblée que quand je mange du poisson pané, du ketchup,
ou des coquillettes avec du jambon blanc. Des goûts d'enfants,
quoi. On pourrait même parler d'une légère régression ...
Heureusement que cette radiologue était une femme, sinon
on aurait pu la soupçonner de machisme. Et à propos de
radiologue, je peux vous dire, pour terminer, que tous les
petits maux du quotidien dont on vient de parler sont
totalement balayés par la magie de la première
échographie. Laure Watrin.
2 - Grossesse et
alimentation
Quand on apprend qu'on est
enceinte en général, on se jure de ne pas faire comme les
copines. Pas question de prendre 15 kilos et de ramer après
l'accouchement pour retrouver la silhouette idéale sans parler
des vergetures. Alors voilà pour les bonnes résolutions. Le
problème, c'est que en tout cas dans les premiers mois, il
faut gérer à la fois la prise de poids, les envies et les
nausées. Pour prendre mon petit exemple personnel, mais il
parait que je ne suis pas la seule. Allez comprendre pourquoi
non seulement les nausées ne m'ont pas coupé l'appétit, mais
au contraire elles l'ont aiguisé. Ca va même plus loin.
Rien de tel qu'un petit en-cas pour calmer mes hauts le coeur.
Heureusement, les nausées ont disparu, et je vous rassure, je
me suis ressaisie. Mais les premiers kilos, eux sont bien
installés. D'abord, il faut dire que les gynécologues se
préoccupent de plus en plus de notre poids. Et c'est tant
mieux ! Je ne vous raconte pas les gros yeux de mon médecin
quand il a vu que j'avais pris un kilo de trop le mois
dernier. Je n'étais pas vraiment fière sur la balance. Quant à
la prise de poids moyenne autorisée, eh bien ça dépend. Le
docteur Brigitte Bouchère est nutritionniste à
Paris. "On recommande une prise moyenne de 12 kilos pour
toutes les femmes. On s'est aperçu qu'il y avait des facteurs
tout-à-fait individuel. Il faut savoir qu'une femme mince
pourra prendre beaucoup plus de kilos. Voire maigre, elle
pourra prendre jusqu'à 16 kilos pendant sa grossesse et
retrouver son poids normal après. Alors qu'une femme qui
démarre une grossesse avec un surpoids, voire une obésité, ne
devra sans doute pas dépasser 6 à 8 kilos pendant sa
grossesse." Quant aux corpulences moyennes la tendance,
c'est pas plus de 9/10 kilos, c'est-à-dire grosso-modo 1 kilo
par mois. Il faut augmenter progressivement ses rations
alimentaires mais certainement pas les doubler. Trois repas
plus un petit goûter si besoin. Mangez des légumes beaucoup,
des féculents en quantité raisonnable, des fruits deux à trois
fois par jour, des protéines animales, viandes, poissons,
oeufs et surtout n'oubliez pas les laitages. "Une femme
enceinte devrait consommer 1.200 mg de calcium par jour.
Retenons en tout cas qu'un laitage par repas est la dose
nécessaire pour une femme enceinte." Ne lésinez pas
surtout sur la viande rouge, le foie de veau et le boudin si
vous aimez ça ou encore les moules, ce sont des aliments très
riches en fer. "Il y a des femmes à risque de carence
en fer ou en acide folique. Ce sont essentiellement les femmes
qui ont des grossesses rapprochées, qui ont eu des règles
abondantes, qui ont eu des problèmes d'anémie et ceci peut
entraîner une supplémentation, mais c'est le médecin qui le
décide." Et puis pour en revenir au poids, certains
gynécologues dont le mien malheureusement ont des méthodes
radicales pour eux les ennemis ce sont les sucres rapides.
Alors terminé, les sodas, la confiture, le miel, le chocolat
et les gâteaux. Moi je vous le dis c'est pas humain. De toutes
façons, 4e mois oblige, le ventre commence à s'arrondir. Enfin
quand je dis commence, je dois avouer que cela fait longtemps
que je ne rentre plus dans mes jeans ou mes petites jupes.
Heureusement j'ai découvert que la mode pour femmes enceintes
n'est plus ce qu'elle était. Fini le temps des robes chasubles
et des vêtements larges pour dissimuler son gros ventre. Vive
les petits ventres rebondis mis en valeur. Laure
Watrin
3 - Les pères et la
grossesse
On parle toujours, et pour cause,
des transformations psychiques de la mère pendant la
grossesse, et on oublie trop souvent le père. Au début, je ne
comprenais pas bien pourquoi il piquait du nez en même temps
que moi, le soir sur le canapé. Il avait de temps en temps mal
au coeur et au ventre. Et il avait, de plus en plus, la
fâcheuse manie de manger du chocolat et des petits gâteaux en
cachette. Jusqu'au jour où j'ai compris qu'il était tout
simplement en train de couver. Je ne vous cache pas qu'au fil
des mois, ça ne s'arrange pas. C'est vrai, j'ai déjà pris un
peu trop de kilos... mais lui aussi. Mais par pudeur, je ne
vous dirai pas combien. En tout cas, la couvade, c'est un
grand classique. Chez certains père, ça va même jusqu'à se
manifester par une déprime ou des vomissements. Le docteur
Gérard Strouck est gynécologue à la maternité des Lilas
: "Il existe, pas chez tous les pères, un passage
difficile qu'on peut ritualiser, et où il a besoin aussi de se
sentir prégnant, de se sentir enceinte, parce qu'il est
jaloux. On peut dire aussi qu'il prend sa part. Alors il prend
sa part en étant malade pour bien lui montrer qu'il s'implique
à fond, et que donc il va partager les symptômes un peu
douloureux qu'elle peut vivre". Alors, c'est vrai les
futurs papas se posent souvent beaucoup de questions pendant
la grossesse. Le docteur Strouck a d'ailleurs eu l'idée de
créer les groupes des pères. Des groupes de paroles où les
hommes peuvent parler librement de leurs envies, mais aussi de
leurs angoisses. Certains pères sont par exemple très mal à
l'aise face à la métamorphose du corps de leur
femme. "Il y en a beaucoup qui sont un petit peu
effrayés même et parfois ils emploient des mots très forts
comme le dégoût ou tout d'un coup le désintérêt qu'ils peuvent
avoir, et notamment sexuel avec leur compagne. Et ils sont
inquiets en se disant, mais moi je l'aime toujours, j'ai
toujours envie de vivre avec elle, mais je n'ai plus envie
d'elle, qu'est-ce qui va se passer ? Est-ce que je vais
retrouver ça. Et on essaie de dédramatiser". Que dire,
que faire, comment réagir face à cette animal bizarre qu'est
la femme enceinte, plus fragile, plus sensible et plus sujette
aux états d'âme que d'habitude ? Il arrive parfois au père
d'en faire un peu trop. Par exemple, à la moindre contraction,
j'ai immédiatement droit à un rappel à l'ordre, du genre : "Tu
travailles trop, il faut que tu te reposes".
-
Précisément, il paraît que les pères sont les premiers à
réclamer un arrêt de travail pour la maman du futur
bébé.
Et bien, je peux vous confirmer que c'est vrai,
mais on ne peut pas vraiment leur en vouloir.
"C'est vrai qu'ils s'inquiètent parce que l'homme
vit un peu la grossesse par procuration. On se fait toujours
plus de soucis pour quelque chose qu'on ne connaît pas
soi-même. Par exemple, c'est le père qui vient nous appeler en
nous disant il faut une péridurale, elle souffre, elle
souffre. Et puis la femme dit, mais non, tout va bien, j'ai
pas envie d'une péridurale pour l'instant. Il n'y a qu'à faire
une péridurale à lui, s'il en veut. Alors, tout le monde se
marre. Il y a un père qui a dit ça, et je sais que je vais me
faire mal voir des femmes, si je dis ça, mais ça ne fait rien,
je le dis quand même : il dit, elles elles ont mal, nous on
souffre". Alors évidement, l'autre grande préoccupation
du père, c'est de sentir le bébé bouger. Résultat : je suis
régulièrement secouée comme un prunier avec sa main posée sur
mon ventre. Et toutes les deux minutes, la même question : "Et
là il a bougé, non !?". Heureusement, l'échographie plus
calme, permet de partager en même temps l'émotion de voir
gigoter le bébé à l'écran.
- Précisément en leur
parlant de l'échographie, elle survient au cinquième mois, et
c'est le moment où l'on peut connaître le sexe de l'enfant
?
Et là, je vous vois venir. Alors d'accord, je vais le
dire : si l'échographie ne se trompe pas c'est un garçon. Et
bien entendu, vous l'imaginez bien, il a déjà le profil de son
père.
- Est-ce qu'une majorité de père assiste à
l'accouchement ?
Et bien, la réponse est oui. On est
loin du temps où le père restait à faire les cent pas dans le
couloir en fumant, s'il fume, cigarette sur cigarette. Mais il
ne faut pas non plus que cela devienne une obligation : les
médecins ont souvent l'impression que les pères assistent à
l'accouchement plus parce qu'on leur a demandé d'être là que
parce qu'ils en ont vraiment envie. Alors si vous désirez en
savoir plus sur l'accouchement, et d'une façon générale, plus
sur le rôle du père, n'hésitez pas à lire le livre du docteur
Strouck, "Je vais être papa" qui est publié aux éditions Du
Rocher. Laure Watrin
4 -
L'information de la future maman
On dit
toujours la grossesse c'est pas une maladie. D'accord mais
c'est pas pour ça qu'on ne se pose pas des milliers de
questions pendant 9 mois. Quelques exemples pêle-mêle : j'ai
le ventre aussi dur que du béton, est-ce que c'est normal ?
Quelle est la meilleure crème pour lutter contre les
vergetures ? Quel mode de préparation à la naissance faut-il
choisir ? J'ai déjà pris 9 kilos, ai-je définitivement dit
adieu à ma taille ? Evidemment, on ne va pas déranger son
médecin toutes les 5 minutes. D'autant que quand la grossesse
se déroule normalement, c'est plutôt du genre un quart d'heure
de consultation par mois, on vérifie les constantes, merci et
à la prochaine fois. Logique mais un peu frustrant. Un petit
conseil: entre chaque visite, faites un petit pense-bête:
notez toutes les questions que vous voulez lui poser.
Heureusement, les sources d'informations ne manquent
pas.
Il y a d'abord l'entourage. Ah ! très important
l'entourage. Que deviendrait-on si on ne pouvait pas appeler
sa mère en pleurs à n'importe quelle heure parce qu'on est
épuisée et que du coup le moral en prend parfois un coup. Et
toi, pour moi, c'était comme ça aussi ? Je ne sais pas si
vous avez déjà remarqué, mais dès qu'il y a une femme enceinte
dans une pièce, les autres ne peuvent pas s'empêcher de
raconter leur expérience. Alors là, c'est soit une mine de
conseils, soit une véritable source d'angoisse. Parce qu'il y
a toujours une bonne camarade pour vous raconter son
accouchement dans le détail. Quand elle arrive à
l'épisiotomie, en général, les hommes quittent la pièce, et
vous, vous n'êtes pas loin de faire la même chose. Comme
il n'y a pas deux grossesses qui se ressemblent, forcément il
n'y a jamais d'avis unanime. Ca commence par les paris sur le
sexe du bébé : "je t'assure, vu vous comment tu le portes,
c'est une fille" ou alors "s'il t'en fait voir de toutes les
couleurs, c'est que c'est un garçon !" Et quand on vous
demande: "et toi, tu accouches où ?" Et que vous répondez
naïvement: "ben, à l'hôpital public à côté de chez moi, il a
bonne réputation". Alors là, deux types de réaction : "quoi
t'es folle, accoucher à l'hôpital ? La clinique machin est
beaucoup mieux, ils sont toujours disponibles, en plus y a des
cours de sophrologie, c'est super !" Deuxième type de
réaction: "ah oui, t'as raison, l'hôpital, c'est plus sûr, on
ne sait jamais !" Autres sources d'avis passionnés des
copines, et des copains d'ailleurs : le choix du prénom. Ca
peut alimenter des heures de conversation. Ou encore
l'allaitement: alors là, il y a les pour, quasi militantes, et
celles qui vous racontent dans le détail par quelles
souffrances elles sont passées pour essayer d'allaiter leur
bébé. Malgré toutes ces sueurs froides, je peux vous assurer
que les conseils des autres, c'est précieux.
Et
Internet ?
Il y a de plus en plus de sites dédiés à la
grossesse qui détrôneront peut-être un jour les grands
classiques comme les guides de Laurence Pernoud ou Edwige
Antier (qui a d'ailleurs son site). Deux exemples:
magrossesse.com et infobebes.com. Les infos utiles et ludiques
ne manquent pas. Et les forums de discussion vont bon train,
surtout pour les femmes qui sont obligées de rester chez
elles, alitées. Laure Watrin |
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