LA DEPRESSION POST-NATALE 

La dépression post-natale doit être différenciée du classique baby blues, qui est une petite crise passagère vite résorbée (voir rubrique précédente).

C’est un vrai syndrome dépressif accompagné d’une grande excitation, d’un profond sentiment de panique, de pensées et de fantasmes obsessionnels, de tristesse, de plaintes, d’irritabilité. Ces symptômes ne sont pas toujours présents en même temps.

Les premiers symptômes de la vraie dépression post natale débutent en moyenne vers les 6 à 8 semaines qui suivent l’accouchement.

Elle affecte environ une femme sur 10, et concerne tous les milieux sociaux.

Cette dépression peut toucher n’importe quelle femme (70 % des femmes qui font une dépression post-natale ne présentent aucun antécédent de maladie psychologique).

Cette dépression est souvent vécue comme une honte car elle détruit le mythe de " l’heureuse maternité ". Il est très important de souligner le rôle capital que doit avoir le conjoint ou l’entourage proche de la jeune maman ; en effet, ce sont eux qui peuvent l’aider en premier.

Pourquoi cette dépression ?

Les réactions à l’accouchement sont souvent la principale cause de la dépression post natale. En effet, certaines femmes peuvent être très déstabilisées par le sentiment de perte de contrôle au cours de l’accouchement. Des conflits anciens et profonds peuvent resurgir lors de l’accouchement.

De même, une femme qui a mal vécu sa grossesse et les transformations physiques qu’elle a entraîné, sera davantage sujette à la dépression. Elle sera beaucoup plus fatiguée et irritée qu’une femme qui a eu une grossesse sereine.

L’isolement et les difficultés matérielles peuvent également être les causes de cette dépression. En effet, on a constaté que les dépressions les plus sévères concernent les femmes qui restent plus de 8 heures par jour seule avec leur bébé.

Le passé psychologique de la mère peut également être un facteur déclenchant : une rupture récente, ou des rapports difficiles avec le conjoint voire avec l’entourage proche de la mère, ou une perte d’emploi récente peuvent affecter la confiance que l’on peut avoir en soi.

Moins il y aura de " réseau soutien ", plus la mère sera vulnérable.

Enfin, un bébé qui pleure beaucoup, qui dort peu ou qui présente des ennuis de santé peut également ébranler la confiance de la mère qui se sent impuissante, frustrée et angoissé face à cette situation.

Comment reconnaître cette dépression ?

C’est souvent l’entourage qui reconnaîtra cette dépression car l’état dépressif de la mère entraînera toujours des tensions dans le couple et dans l’entourage proche.

Une maman dépressive se sent abandonnée, et est très inquiète de l’effet que sa maladie peut avoir sur son bébé.

Le plus important pour la mère est de réaliser qu' elle ne va pas bien, et d’accepter de se faire soigner rapidement.

L’entourage doit lui apporter son aide et son soutien même si la jeune maman se montre toujours agressive. Le conjoint a souvent tendance à fuir et à se poser comme victime ; c’est là une grave erreur, car une maman dépressive a besoin plus que m’importe quelle autre, de soutien, d’aide et de présence.

Que faire ?

Tout d’abord, il est nécessaire de reconnaître que l’on souffre ; ce sera le premier pas sur le chemin de la guérison.

Une maman est dépressive lorsque:

  • 6 à 8 semaines après l’accouchement, la situation se dégrade encore : la maman se sent toujours aussi fatiguée, déprimée et débordée.
  • sa dépression a d’importantes répercussions sur son entourage (disputes fréquentes avec le conjoint, refus de voir ses amis ou sa famille)
  • elle n’arrive plus à s’occuper d’elle-même ou de son bébé
  • elle présente des signes d’anorexie ou de boulimie
  • elle a peur de se faire du mal ou d’en faire à son bébé.

Des traitements médicaux sont absolument nécessaires. La maman dépressive doit consulter d’urgence son gynécologue ou son généraliste.

Les médecins prescrivent des antidépresseurs et anxiolytiques, et qui agissent de façon immédiate. Mais les médicaments les plus souvent prescrits sont les ISRS (les effets sont lents mais probants).

Le traitement devra se prolonger 4 à 6 mois après la disparition des symptômes.

Il est important de souligner que les médicaments ne traitent pas la cause du problème.

C’est pour cette raison, qu’un traitement psychothérapeutique parallèle est indispensable pour guérir efficacement une maman déprimée.

Comment bien choisir son thérapeute ?

L’idéal est de se faire conseiller par son médecin (généraliste ou gynécologue).

De plus, il faut éviter les thérapeutes qui banalisent ce type de dépression.

Il est conseillé d’en rencontrer plusieurs afin de pouvoir choisir celui avec lequel on se sent le plus à l’aise.

Les adresses utiles

  • La Maison Verte, 13, rue Meilhac 75015 PARIS – Tél. : 01.43.06.02.82
  • Le Centre de Maternologie, 11, square Anatole France 78210 SAINT CYR L’ECOLE – Tél. : 01.30.23.03.17
  • Le Jardin Couvert, 12 rue du Docteur Auguste Lacroix 69003 LYON – Tél. : 04.78.71.04.78
  • Initiative pour l’enfant et le couple, 41, rue Joseph de Maistre 75018 PARIS – Tél. : 01.42.28.42.85
  • La Maisonnée, 12 rue Kageneck 67000 STARSBOURG – Tél. : 03.88.22.30.54
  • L’Arbre Bleu, 52, rue Polonceau 75018 PARIS – Tél. : 01.42.59.38.26

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