BIEN SOIGNER LA CICATRICE DE LA CESARIENNE 

Un petit rapel

Il y a 30 ans, la césarienne était exclusivement réservée aux accouchements difficiles ou impossibles : bassin étroit, décollement brusque du placenta , descente du cordon avant le fœtus, hypertension maternelle et souffrance fœtale.

Aujourd’hui, 16% des accouchements se font par " voie haute " : certains obstétriciens s’indignent alors que d’autres s’en félicitent ! Deux écoles s’opposent.

Actuellement, les praticiens la pratiquent en justifiant l’intervention par la sécurité du bébé.

D’autres, prétendent que tout est une affaire de patience ( à l’exception bien sur des problèmes sérieux !).

En effet,grace à la péridurale (permettant à la femme de ne plus souffrir) et au monitoring (qui surveille en permanence l’état de santé du bébé), les équipes médicales bénéficient d’une très grande marge de manœuvre.

D’après une étude récente, certaines petites maternités privées parviennent à des taux de césariennes parfois supérieurs à 30% ! Ce pourcentage est particulièrement choquant lorsqu’on le compare à celui des grands centres hospitaliers (accueillant les grossesses dites "à risques", lesquelles évoluent vers un accouchement par césarienne) qui est de 20 % ! 

Comment s’explique cette si grande différence de pourcentage ?

Dans les petites structures, les praticiens ont souvent peur d’être dépassés par l’accouchement, et à la moindre petite difficulté, ils optent immédiatement pour la césarienne.

Certains praticiens justifient cette intervention par le fait qu’on ne leur enseigne plus comment pratiquer un accouchement par voie basse lors d’une présentation par le siège. En effet, les obstétriciens n’interviennent plus que dans les cas d’accouchements difficiles, et ne savent plus ce qu’est un accouchement normal.

Cependant, il est important de savoir que cette intervention est vraiment nécessaire en cas de " bassins rétrécis ".. Or, seulement 1% des femmes serait concerné. C’est également le cas pour les grossesses multiples, ou encore pour un accouchement suivant une précédente césarienne (encore que ce cas est actuellement très controversé ! )

Si votre praticien vous annonce que vous devez accoucher par césarienne, n’hésitez surtout pas à demander un deuxième avis !
De plus, renseignez-vous auprès de votre maternité sur son taux de césarienne.

Comment se déroule cette intervention ?

Aujourd’hui, l’incision verticale a été totalement abandonnée. Elle est faite horizontalement sur 8 à 10 centimètres, dans la zone de pilosité pubienne pour que la cicatrice soit quasiment invisible.

Le praticien incise en 3 temps : d’abord votre peau, puis vos tissus adipeux et enfin, en s’aidant d’un petit écarteur, votre paroi abdominale.

Il introduit alors doucement sa main sous le visage de votre bébé et l’extrait en tirant lentement sa tête.

Puis le praticien recoud vos tissus dans l’ordre inverse où il les a incisés.

Il utilise d’abord des fils résorbables pour les sutures internes puis des agrafes.

Si la césarienne est pratiquée en urgence alors que l’accouchement se déroulait sans péridurale, l’anesthésiste n’a souvent pas le temps d’installer une péridurale. Une anesthésie générale sera donc effectuée. (c’est le cas pour 10 % des césariennes).

Les douleurs

Sachez que les suites d’une césarienne sont très inconfortables.

Nous allons vous donner un maximum de conseils pratiques afin de tenter de soulager vos douleurs.

Les douleurs occasionnées par une césarienne peuvent être :

  • un mal d’épaule : une poche d’air peut demeurer dans votre abdomen après l’opération.
  • les nausées : peuvent être provoquées par les analgésiques à base de morphine. Votre médecin pourra ajouter un antiémétique dans la perfusion.
  • Les contractions de votre utérus sont douloureuses car elles se font sur un utérus sensibilisé par l’intervention, et particulièrement lorsque vous allaitez pendant les 2 premiers jours. Mais l’administration d’analgésiques par perfusion évite cette douleur.
  • Les démangeaisons  et éruptions cutanées peuvent apparaître chez certaines femmes qui font une réaction cutanée à la morphine. Demandez une lotion calmante aux infirmières (la lotion au calendula est particulièrement efficace)
  • L’accumulation de gaz 24 heures après l’intervention (80 % des femmes considèrent que c’est la séquelle la plus pénible de la césarienne). La reprise du transit intestinal commence généralement 24 heures après l’intervention et s’accompagnent de gaz difficiles à évacuer. En effet, le travail des intestins est ralenti lors d’une anesthésie.

Ce que vous pouvez faire

  • buvez une tasse d’eau très chaude avec le jus d’un demi citron
  • prenez une tisane à la valériane
  • inspirez et expirez en soufflant comme une locomotive
  • massez votre abdomen en descendant des côtes jusqu’à l’aine, d’abord du côté droit puis du côté gauche (tout en imaginant que vous êtes en train de pousser le gaz jusqu’à pouvoir l’éliminer)

Les premiers levers sont pénibles

Il est nécessaire de se lever au bout de 24 heures afin d’éviter tout risque de phlébite ou d’embolie.

Etc’est vraiment un moment très déplaisant.

Ce qu’il faut savoir

  • Une aide est absolument nécessaire : ne vous levez pas seule !
  • Avant de vous lever, commencez par vous asseoir : ramenez un genou puis l’autre vers la poitrine en expirant, et en glissant un pied le long du matelas. Sollicitez le moins possible les reins et le ventre. Mettez vous sur le côté, puis regroupez vos genoux le plus haut possible et prenez appui sur vos bras pour vous lever.
  • Une fois assise, demandez un escabeau pour pouvoir descendre.
  • Une fois debout, ne regardez pas par terre.
  • Puis, faites quelques pas tout en croisant un bras au-dessus de votre ventre pour maintenir la cicatrice lorsque vous marcherez.
  • Essayez de vous tenir aussi droite que possible : plus vous bougerez et plus vous marcherez, plus vite la plaie guérira.

Chaque jour, on progresse, on marche mieux.

Quels soins particuliers sont à apporter à la cicatrice ?

La cicatrice est très sensible, tiraille et démange.

Vous risquez de ressentir des sensations de brûlure et de démangeaisons. Elles peuvent persister de 6 à 8 semaines.

A la maternité, c’est l’infirmière qui se chargera du pansement de votre cicatrice, et ce au moins une fois par jour.

Lorsque la cicatrice est infectée, elle devient rouge, gonfle, palpite et du pus suinte. La fièvre monte. Votre médecin vous prescrira immédiatement des antibiotiques.

Ce que vous devez faire

  • Lavez-vous toujours les mains (avec un savon désinfectant) avant de manipuler votre plaie
  • Séchez-vous les mains avec des serviettes en papier
  • Utilisez des compresses stériles pour nettoyer la plaie, appliquer de l’éosine et la crème que votre médecin vous aura prescrit
  • Ne prenez pas de douche avant le 3ème jour suivant l’accouchement, et essayez de ne pas mouiller votre pansement. Les bains ne sont pas autorisés avant 3 semaines.

je désire apporter mon témoignage

 

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